La D.M.E

La diversification menée par l’enfant

La diversification menée par l’enfant est de plus en plus répandue, mais qu’est-ce que c’est ?

C’est un concept différent de la diversification « standard » où papa et maman préparent et pèsent les quantités ou achètent purées et compotes qu’ils donnent à bébé.

Le but de la DME est de rendre acteur votre bébé, cela reste une découverte, une expérience sensorielle. Jusqu’à 1 an, le lait reste l’aliment indispensable !

Quand commencer la DME, quels sont les prérequis ?

Vers 6 mois, mais pour cela, il faut que :

  • Bébé ait assez de tonus dans le tronc
  • Bébé soit capable de porter seul à sa bouche ses jouets
  • Bébé soit intéressé par VOS repas, qu’il éprouve de l’intérêt à la nourriture solide

Il faut garder en tête :

  • Bébé mange seul donc la DME salit ! En tant qu’adulte, il faut réussir à lâcher prise, protéger bébé avec des bavoirs à manches… et gardez la serpillère pas très loin 😉
  • L’aliment principal de bébé jusqu’à 1 an reste le lait. Durant la DME vous ne pesez pas les aliments, Bébé sait ce qu’il peut manger en quantité, il faut donc lui faire confiance.
  • Il n’y a pas de risque si les aliments proposés sont sécuritaires et les prérequis sont respectés

Ce que vous proposez à bébé doit (= règles de l’aliment sécuritaire) :

  • Avoir une texture fondante
  • Le diamètre de l’aliment à proposer doit être au minimum le poing de l’enfant
  • La longueur de l’aliment à proposer doit être au minimum la longueur votre petit doigt
  • N’hésitez pas à rendre un aliment sécuritaire pour le faire découvrir à votre bébé
  • La découverte passe par le toucher. Ce n’est pas parce qu’il mange avec ses doigts qu’il mangera tout le temps comme cela. Les enfants qui mangent avec leurs doigts vers 18 mois – 2 ans explorent la nourriture, si bébé le fait de bonne heure, l’exploration devrait durer moins longtemps.
  • Il ne peut pas macher, il n’a pas de dents ! Les gencives sont assez puissantes pour mâcher les textures fondantes.
  • Vous pouvez combiner DME et purées ! Faites la double cuillère (une pour lui et une pour vous) et laissez-le découvrir la purée… avec ses mains s’il souhaite explorer l’assiette. Vous pouvez y mettre des morceaux fondants.
  • L’avantage d’introduire des textures fondantes, des aliments sécuritaires est que bébé aura de nouvelles sensations dans la bouche, il fera fonctionner ses muscles buccaux.

Les violences éducatives ordinaires

La violence éducative ordinaire comprend, bien entendu, la violence physique, les châtiments corporels : gifles, fessée (que 85% de Français continuent à pratiquer aujourd’hui).

Ne l’oublions pas, les enfants sont des éponges ! Ce qu’ils nous voient faire… ils le font ! 

  • Un enfant que l’on n’aime que « sous conditions », n’aimera que « sous conditions » (son/sa conjoint(e), ses enfants !)
  • Un enfant qui subit le chantage, fera subir du chantage
  • Un enfant menacé, menacera
  • Un enfant puni, punira
  • Un enfant humilié, humiliera
  • Un enfant injurié, injuriera
  • Un enfant violenté, violentera
  • Un enfant frappé, frappera

Pour tous savoir sur le Violence Educative Ordinaire rendez-vous sur le site de l’OVEO, « dont le but est de faire prendre conscience à l’opinion publique et aux politiques du danger de la violence éducative, afin qu’elle soit interdite comme elle l’est déjà dans 24 pays. Il est interdit de frapper un homme adulte, une femme, une personne âgée. Il n’y a pas de raison qu’un enfant ne soit pas protégé par un interdit semblable. »

Voici une liste non exhaustive des possibles VEO classées en différentes catégories

  • les violences physiques : mettre une gifle, une fessée ; bousculer un enfant, lui tirer l’oreille, la joue ; le laisser pleurer seul …
  • les violences autour du repas : forcer à goûter, à manger, à finir son assiette ; priver de dessert ; empêcher de boire ou de manger…
  • les violences autour des soins : l’empêcher d’aller aux toilettes, lui prodiguer des soins sans prévenir, par derrière (nettoyer le visage/moucher) ; le mettre sur le pot avant qu’il ne le demande ; conditionner l’enfant à la continence
  • les violences psychologiques : crier, le menacer, lui faire peur, faire du chantage, le laxisme (les enfants ont besoin d’un cadre pour grandir) ; l’isolement (le laisser seul sur une chaise, au coin…), l’humilier, l’insulter, donner des surnoms, confisquer son doudou / sa tétine, menacer de jeter ses jouets ou le faire sans son accord….

Comment arrêter les VEO ?

1- Supprimer tout châtiment corporel envers les enfants (tape sur la main, gifle, fessée, etc.)

.2- Connaitre les étapes du développement de l’enfant.

3- Prendre conscience des mots, des attitudes et des comportements qui, sans que nous nous en apercevions, peuvent faire du mal aux enfants.

4- Apprendre à les écouter « vraiment », à accueillir avec bienveillance leurs sentiments et leurs émotions négatives.

5- Chercher, tester et trouver des alternatives aux cris, aux punitions, au chantage et aux menaces (notamment en apprenant à poser efficacement les règles et limites dont les enfants ont tant besoin).

6- Apprendre à résoudre les conflits « sans perdants ».

7- Cesser de leur « donner des rôles » et de leur « coller d’étiquettes » ; les aider à se défaire de celles qu’ils se sont collées eux-mêmes.

8- Apprendre à gérer de manière bienveillante les jalousies et rivalités dans la fratrie.

9- Tout faire pour développer leur autonomie.

10- Tout faire pour développer leur confiance et leur estime de soi.

Les « Douces Violences »

Le terme de « Douces Violences » est largement développé dans les ouvrages de Cristine Schuhl.
 

Ce sont des comportements en apparence anodins, mais qui, répétés, peuvent être délétères pour l’enfant.
– Donner des surnoms (monstre, bulldozer, petit diable…)
– Utiliser du second degré alors que l’enfant n’est pas capable de le comprendre
– Presser l’enfant dans toutes ses activités
– Faire à sa place car on le trouve trop lent
– Parler devant lui à la troisième personne sans l’inclure dans la discussion
– Le mettre devant un écran pour avoir « la paix »
– Utiliser un parc alors que l’enfant a besoin de se mouvoir …

L’enfant une personne à part entière, il faut l’écouter, prendre en considération son point de vue, afin qu’il se sente entendu, respecté ; et qu’il puisse devenir un adulte serein ! En tant qu’adulte, à nous de protéger « nos » enfants, et prendre conscience des « petits » gestes qui nous semblent anodins, et qui peuvent être lourds de conséquence pour eux !

Et surtout, n’hésitez pas à demander de l’aide. Un accompagnement est possible afin de comprendre ces tensions et d’éviter d’agir par la violences, aussi bien physique que verbale.

La rentrée scolaire

Et voilà, votre bébé est devenu un « grand », il entre à la la maternelle !

Comment appréhender ce moment, pour lui, et pour vous ?

Quelques conseils pour y aller plus « zen »

1. N’en parlez pas trop

Les repères temporaux sont très différents d’un adulte et d’un enfant, lui ne vit que dans le présent.

  • 3 / 4 jours avant, allez lui montrer le chemin qu’il prendra tous les matins
  • sur un calendrier, entourez le jour de la rentrée
  • vous pouvez l’aider à s’y préparer avec un livre

2. Expliquez-lui concrètement ce que l’on fait à l’école

  • comment se passe une journée « type »
  • qui l’emmènera et qui viendra le chercher
  • ce que l’on attend d’un élève en maternelle.
  • expliquez-lui le rôle de l’ATSEM et celui de la maitresse

3. Le valoriser dans son statut de « grand »

L’école, c’est pour les grands.

4. Le préparer aux frustrations

Il ne pourra pas faire tout ce qu’il veut, c’est la maîtresse qui décide et il devra faire des choses au moment où elle le demandera, même s’il n’a pas envie… De même pour la cantine, il devra goûter les aliments, même s’il ne veut pas.

5. Lui faciliter son intégration sociale

Il va falloir lui dire qu’il aura plein de copains mais qu’il n’y a que 2 adultes pour environ 25 enfants, donc il va devoir :

  • apprendre à attendre
  • apprendre à partager
  • accepter la notion de groupe
  • « rivaliser » avec les autres enfants dans ses apprentissages

Les jeux de coopération sont idéaux.

6. Apprenez-lui à se protéger

Il va falloir lui expliquer qu’il y a des enfants qui seront « gentils » avec lui et d’autres, « non ». Ils peuvent lui dire des méchancetés ou le pousser et qu’il faudra qu’il le dise à la maîtresse ou à un adulte et le soir en discuter avec papa ou maman.

Le faire verbaliser dès le plus jeune âge est essentiel pour le reste de sa scolarité.

7. N’allez pas plus vite que la maîtresse

Votre enfant n’a que 3 ans, alors laissez ses apprentissages à l’école et laissez-le apprendre à son rythme.

A la maison, votre enfant doit apprendre la politesse, le partage, l’empathie et c’est déjà beaucoup.

8. Et vous dans tout cela…??? Pas trop angoissé(e) ?!?

C’est une étape très importante dans la vie de tous !

Votre bébé est devenu un enfant, et petit à petit, il va se détacher de vous, et progressivement, il va vers sa nouvelle vie. Il va falloir lutter contre cette nostalgie, car s’il ressent vos émotions, il ne pourra pas se sentir à l’aise et se motiver dans sa nouvelle vie d’écolier.

9. Le grand jour est arrivé !

Dans la plupart des écoles, les maîtresses prévoient un temps de séparation (d’adaptation) un peu plus long le 1er jour, environ 30 minutes. Il faudra prévenir votre enfant, que quand la maîtresse vous le dira, vous devrez partir.

ATTENTION à ne pas partir comme « un voleur », il fait toujours prévenir votre enfant de votre départ. Dites-lui « au revoir » et rappelez-lui qui vient le chercher.

Si votre enfant pleure, rassurez-le, faites-lui un bisou et « au revoir ». Rassurez-vous, 5 minutes après votre départ, il jouera avec les autres.

10. Aidez-le à s’adapter

Votre enfant risque de « râler », de pleurer, de ne pas vouloir retourner à l’école, c’est normal ! C’est tout ce nouveau changement qu’il doit apprendre, intégrer de nouvelles règles, et réajuster son comportement. Bref, il va apprendre la vie.

Allez bonne rentrée à toutes et tous !!!